mercredi 3 février 2016

"Sous la pluie du sucre" Goulotte Centrale NW au Taillon

Après une semaine assez intense et difficile à l'hôpital, où je fais mon stage, un message de ma super copine de cordée et meilleure amie, demandant "alors, tu fais quoi finalement ?", me motive pour commencer à regarder s'il y a des conditions pour faire un peu d'alpi. J'ai besoin de m'évader!

Sur Internet je vois qu'au Taillon il y a de quoi faire, donc avec Itsaso on se décide et... paf ! (Bien sur !) On s'organise !

Un petit coup d'œil à la météo jeudi et vendredi. Elle est changeante et ne nous laisse pas le choix de la date: ce sera samedi, et c'est partie!


On part samedi matin très très tôt vers Gavarnie.
Vers 6h on chausse les skis et on remonte la station de Gavarnie vers le col de Boucharo. On n'a pas vu grand monde jusque là, et on faisait nos malignes en se disant qu'on a bien fait de venir, mais une fois au col... On voit toute une ligne de frontales remontant le glacier de Gabiétous !! Mais ils viennent d'où tous ceux-là ?! ... Depuis Bujaruelo, l'autre côté du col... enfin bref...
 

 

Lever du jour au col de Boucharo.
 

 

Vers le glacier de Gabiétous sous la face nord du Taillon
 




Et tout ce monde là se dirige vers la Quintana. Il y avait au moins une quinzaine de personnes là-haut ! Voilà, voilà... Comme quoi, tout le monde a soif de glace et tout le monde va là où c'est indiqué sur Internet. Comme des troupeaux de moutons...
Bien loin de nous décourager, on se regarde toutes les deux et on se dit, on va à la goulotte Centrale? Il n'y a que deux cordées, c'est la plus difficile des trois de la face... "Mais bien sûr qu'on y va !!" Et voilà! On se lance dans l'aventure! On n'avait pas pris de renseignements sur la goulotte mais on y va comme même !
 


Prêtes à serrer les fesses!
 
 


La Centrale juste au milieu, avec pas trop de glace dans le première ressaut

 
Itsaso est prête pour la première longueur


On commence la première longueur et on se rend compte de suite que ça va pas être si facile que ça. On met un piton en bas et quelques friends sur la longueur mais pas assez de glace sur le placage pour une broche.


On arrive à la longueur clé de la goulotte, et on voit la gueule qu'elle a... Bref, pas trop formée, mais faisable!
 
 

 
Un peu de mixte en traversée pour arriver à la base du ressaut
 
 


 


relais au milieu du ressaut sur une lunule


C'est le tour à Itsaso et bien qu'elle ait un peu peur, elle se lance, sûre d'elle et avec confiance ! Aaaah, la caste basque !!!
Elle tape doucement, met deux broches, avance, et d'un coup... paf ! Elle se prend une jolie assiette sur sa tête ! Elle me regarde et me dit "j'ai un peu de sang, non ?" "Oui, oui, mais c'est rien! Allez, avance!!"
 

 
 


Elle ne veut pas vous montrer les petites traces de sa bataille !

Et maintenant, c'est mon tour ! Le deuxième ressaut a vraiment une très bonne mine ! Je suis bien motivée et j'attaque. Je commence doucement mais je me rends compte de suite que la semaine a été dure et que je suis bien épuisée... Et mes bras encore plus!! Sacrée bataille!! Pas de bras (pas de chocolat), des coulées de neige sucrées tout le long, l'onglet... Aaaaaah!!! Que du plaisir!!! 
 
 


Brochage à deux mains! Ha!
 
 

 

Contente d'être arrivée au relais que je viens de fabriquer. Trop la classe ! 
 
 

Il ne nous reste qu'à sortir de la goulotte, quelques 200 mètres de neige sucrée et parfois, transformée avec quelques ressauts de cailloux.
 
 


sur les dernières pentes de neige avec une vue magnifique
 

Et nous voilà, bien contentes et très fières de nous au sommet du Taillon!!! Il ne nous reste qu'à descendre. On choisit l'itinéraire du glacier de Gabiétous, plus courte, avec de bonnes conditions et peu risquée.





grands sourires!!! 
 
 









On arrive au col du Boucharo au coucher du soleil et on descend par les pistes jusqu'à la voiture, 13h30 après l'avoir quittée. Une journée bien complète qu'on n'oubliera pas ! C'était magnifique !
 
 
 





jeudi 28 janvier 2016

Bonne année!


Les perdrix des neiges à l'Eperon Fischesser!


Notre père noël à nous c’est David ! Après un super weekend cascade dégoté malgré les conditions climatiques de cet atypique mois de Décembre 2015, voilà qu’il nous propose une course d’arête sur 2 jours avec bivouac, et en prime le 1er « 3000 » de l’équipe…le genre de voyage qu’on aime bien!


Samedi 19 Décembre nous voilà sur le parking de Piau Engaly, le domaine est un peu désert. 
Nous c’est à pied que nous partons après l’habituel tri du matos (4 cordées : il faut de quoi !). On tente de faire au minimum car le bivouac impose déjà quelques kilos supplémentaires dans le sac. Un bivouac sur arête c’est la découverte pour certaines, alors on précise… le sac de 50L t’oublies! Les habits de change t’oublies! La brosse à dent t’oublies….euh non ça quand même certaines lui trouvent une petite place!!


Petit cadeau de Nadia, les autocollants "EPAF les filles!!"
Bref, nous voilà parties direction l’Eperon Fischesser visible depuis les voitures. L’approche sonne comme "échauffe": on s’enfonce aléatoirement tous les 2 à 3 pas. En voyant les copines devant c’est drôle, j’avoue, mais ça a un petit côté horripilant quand c’est toi qui t’enfonces… 
Contentes d’atteindre l’arête, on sent l’esprit de la grimpe à venir! 
On innove dans le « dry-toofing »! 
Céline, qui apprivoise peu à peu les crampons cet hiver demande: «On cramponne comment sur ce type de terrain là?! ». David qui vient de démarrer lui montre donc un excellent ancrage : « Regarde le rhododendron c’est béton! :p ». Ha ha! ça va donner! 



Voilà que les 4 cordées se mettent en route les unes après les autres. 
Premier relais, on entend : « C’est marrant, il y a plein de friends coincés » … là Lara se voit déjà descendre les chercher… « Heu... ils étaient de quelles couleurs tes friends coincés? ...très rare de trouver du matos sur ce type de terrain… » 
Heureusement la dernière cordée a fait du bon ménage et tout récupéré: merci les filles!



Petit à petit, nous prenons de la hauteur. Nous trouvons notre chemin entre rochers délités, terre, touffes d’herbe. Lorsque nous  rejoignons la neige, les sommets voisins et le ciel s’embrasent, chouette ambiance! :) 

... Fin de journée...
Nos lits dans les étoiles!
Les frontales s’allument, nous continuons notre chemin à la recherche d’un coin bivouac. C’est qu’il faut de quoi caler 10 duvets à proximité les uns des autres ! Un petit défi!

Pendant que Dav descend rejoindre la dernière cordée, les premières commencent à creuser le peu de neige sur le fil de l’arête pour nous concocter des petits nids. Rapidement les réchauds s’allument, la neige fond, et nous voilà prêtes à découvrir/déguster les plats lyophilisés VOYAGER : ce soir c’est gastronomie sous l’œil attentif du Campbieil. Hachis parmentier, brandade de morue, couscous, porc au caramel… Il y en a pour tous les goûts! Les petits sachets circulent, tous désireux de goûter les différentes recettes.

Soirée gastronomique! Merci Voyager!
Arrive le moment d’enlever les chaussures et de se glisser dans les duvets. « Hé les filles ! On ne joue pas au toboggan cette nuit, hein?! ». 
Ah ben tient! Justement Camille et Tereza n’ont pas bien confiance en leurs « lits », les voilà reparties pour creuser un peu plus loin. « Nadiuska tu nous tiens nos matelas ? », « oui oui!» ….le vent se lève, et …oups!…voilà deux matelas qui s’envolent! 
Nadiuska ? « oh! je me suis endormie!» Aïe aïe aïe. Adieu les matelas, mais la nuit sera tout de même « confortable » sur des étages de cordes, vestes, sacs. 
Le papotage se prolonge, sous les 1000 étoiles filantes et scintillantes. 

Ces nuits en montagne sont la définition même de nuits paisibles, mais si cette fois, j’avoue, qu’une petite partie de mon esprit redoute d'entendre une copine glisser, mais c’est bon, on est toutes bien calées avec des murs de neige ou sac-piolets ancrés. 
La lune pourtant qu’à moitié pleine est un vrai projecteur, elle illumine les sommets voisins. Ces fameux « petits bonheurs simples » …

Au lit les filles!
Réveil 6h: chacune s’extirpe de son duvet, tout le monde est encore là! Pendant le petit déjeuner, l’aube nous régale, l’horizon est dégagé. Il y a juste une bande de nuages prêts à s’illuminer... Voilà que le spectacle commence: couleurs douces pastels, la montagne se réveille tranquillement... Puis ça s’atténue, on finit de ranger, on se rééquipe. Prêtes à partir mais … « Pooooh, mais ce n’est pas fini! »: le soleil en remet une couche, cette fois le ciel s’embrase chaudement : rouge-orange, c’est la folie ! Solstice d’hiver, le soleil rasant fait durer le plaisir :)


On n'est pas bien là?!
C’est donc, plus de 2h après le réveil, que nous repartons. Nous sommes contentes de retrouver la neige juste après avoir contourné le dernier gros éperon rocheux par la gauche. 
Un petit couloir nous permet de rejoindre ensuite la grande pente de neige. Nous tirons à gauche pour arriver au collet, au sud du sommet côté 3157m. 

De bon matin... C'est reparti!
Tereza sur l'autoroute (après le passage de 10 nenettes!)
De la neige!!! ...pour le plus grand plaisir de Céline!


Dans les pentes de neige sommitales...
Embrassades, checks, quelques poignées de graines et fruits secs, de l’eau, des sourires en pagaille ! Allez on laisse le matos et on file au sommet!

Campbieil 3173m, par l’Eperon Fischesser semi-hivernale/touffasses : 1er sommet EPAF, c’est juste le 1er d’une longue série ;)
Grande pensée pour Mélanie absente... 

Sommet du Campbieil, 1er "3000 EPAF"!
Et Paf! Perchées!
Lara et Dav, équipe de choc!
Au sommet, ce n’est pas fini : la descente se gagne aussi! 
Descente d’une belle pente enneigée à ski… Ah non! ...ça c’est dans nos rêves! ...à « la ramasse » donc! 
Cheminement côté ouest jusqu’au Port de Campbieil. On déchausse les crampons et c’est reparti pour de la marche sur de la neige aléatoirement portante. Une telle descente à un point positif : convaincre les quelques réticentes au ski de l’utilité des planches!

Ambiance agréable au Relais du Néouvielle...
De retour à la voiture, c’est partage de thés, mandarines, changement de chaussures...
Et zou! On va débriefer tout ça au « relais du Néouvielle » avec en prime de la chouette musique live. 

A peine de retour de cette belle aventure, nous voilà en train de discuter des suivantes! Des étoiles plein les yeux de ce beau voyage et de ceux à venir. On s’embrasse et on se dit: «A tout bientôt les copines et Super Dav !» 

lundi 7 décembre 2015

Fiesta a Vilanova (Nadia & Lara)

 

Les premiers flocons sont là mais on joue les prolongations sur les parois Catalanes!

Ce soir, le petit bar de Vilanova de Meia affiche complet! Des fourgons garés partout, du bruit, de la lumière, des grimpeurs en pagaille, des verres de bières qui s'entrechoquent, des rires, des visages connus, d'autres non...

Des paquets cadeaux et des "felicitats" s'envolant par ci par là! Il n'y a aucun doute, nous sommes au bon endroit: ce soir, Mesdames Eli Olivé et de Silvia Vidal fêtent leurs anniversaires. 45 ans printemps et des milliers de voies au compteur!


 
Toute la jet'set catalane du trad' et de l'artif est là!

On connait leurs noms pour avoir répété quelques unes de leurs voies, pour rêver devant leurs topos, pour lire leurs récits ou encore visiter leur blog... Mais ce soir, ils sont ici! Trop marrant de se retrouver au milieu!

 Bref, on passe une super soirée! ...et vous savez quoi?? ...Nous, on est trop tombées amoureuses de Paca! ;-)




Un p'tit dodo et le lendemain matin (euh.. midi!) nous prenons la direction de la Roca dels Arcs. Nous optons pour rendre visite au "señor" et ses "bordillos".



 

Alors que l'on pense passer la journée à se promener tranquillement dans une grande classique, les fameux "bordillos" (espèces de strates déversantes) nous rappellent rapidement à l'ordre! Ah moins que cela ne soit El señor: "Oh les filles! Arrêtez de rigoler!!"

Dès la seconde longueur, nos petits bras se mettent à fumer! ...ça promet!!
On prolonge donc la fête de la veille: Feu d'artifice party!


 Ce qui nous rassure un petit peu, c'est que nos voisins de droite comme ceux de gauche en font autant! Vive le libre!! (...ils étaient pas à la soirée ceux là aussi??!?)


Dur dur... pour les bras!
 


 
 
Petit à petit, on prend de la hauteur... Nous parvenons à déjouer les petits pièges del Señor en évitant de se la coller aux endroits où les spits se sont volatilisés! Oufff!

Grâce à nos 18 dégaines nous doublons quelques longueurs (L3+L4 et L5+L6), cela nous permet de gagner un peu de temps et de rentrer tout pile à l'heure du goûter! Eh oui... Les cocas nous attendent à la boulangerie d'Artesa de Segre!



Encore une bonne journée! Une voie plutôt jolie, on grimpe en débardeur fin novembre, on se fait des potes dans les cordées d'à côté, on recroise des copains et on rigole bien! Que demander de plus??
  
La belle vie!
 
 
Lara