lundi 20 mai 2019

l'Hortus, une falaise de caractère !



Pour ce rendez-vous EPAF, Nadia nous a choisi un secteur de « caractère » comme elle dit: 
L’Hortus!

On s’est retrouvées, Virginie, Anaïs, Nadia, Audrey, Manue, Aurélie sur le parking du départ pour passer la nuit et décoller le lendemain matin au pied de la falaise. Julien et Coralie nous rejoignent un peu plus tard dans la nuit.




Objectifs de ce weekend:  être sûres de ses poses de protections et travailler le mental!















Après les papotages de chacune, l’organisation des cordées, la matos et le choix des voies on s’installe pour dormir. 
Certaines poussent le zèle et ne se méfient pas des éclairs qui foudroient le ciel! …20min après s’être installées pour la nuit sous les étoiles, les premières gouttes on mouillés nos duvets. 
Rapatriements d’urgence dans le camion de Nadia dans lequel nous avons dormi  à quatre pour un deux places.

Samedi.

Après cette courte nuit on monte au pied de la falaise pour y passer la journée, la nuit et le dimanche.
On part dans les voies choisies la veille.

Audrey, Aurélie et Anaïs dans la Bidasse directe. Deux longueurs. 

Virginie, Manue et Coralie dans le pilier de la Bidasse. Deux longueurs.
Julien fait le reporter et nous filme avec son drone.
Nadia se balade entre les deux cordées et vérifie nos coinceurs.

Pas facile l’Hortus, on en apprends un peu plus, c’est le but !
On redescend par un magnifique rappel en fil d’araignée dans lequel on est accompagnées par des faucons pèlerins! 























Après une pause repas au soleil!

On repart pour la deuxième grande voie. 
Manue et Aurélie dans la Cagne en trois longueurs. Après les deux premières longueurs dans un rocher pas très bon, on fini en beauté par une escalade très belle. 
Coralie, Audrey et Nadia dans Super Enclume. Trois longueurs.
Aurélie prend confiance dans ces coinceurs, Manue a le grand sourire tout va bien! 
Dans la voie d’à côté Coralie a prit un sacré vol mais avec un sourire aussi, ça n’a pas l’air d’être aisée cette affaire.
Virginie, Anaïs et Julien posent des friends et revoient des manips au sol, il faut ménager leurs  chevilles !!

Tout compte fait, on est toutes là pour le repas du soir, confiante pour le lendemain,  le site est magnifique et le bivouac s’annonce grandiose!












Dimanche.


Un peu plus de sommeil que la veille, on petit déjeune tranquillement en choisissant nos voies. Pendant ce temps, Manue descend aux voitures pour ramener de l’eau, merci  Maman Manue ;)




















Pour cette belle journée ensoleillée,
Manue, Coralie et Julien dans les Plombiers. Six longueurs !
Audrey et Aurélie partent dans les deux pigeons qui s’aimaient d’amour tendre. Cinq longueurs.
Anaïs, Virginie et Nadia dans le Moule à gaufre. Cinq longueurs.
Beau rocher, pleins de poésie avec les oeufs cachés dans la roche, les fleurs, la calcite mais impressionnant avec des traversées aériennes. Des frissons, des émotions, on se sent vivantes!



Pour conclure ce weekend, 
On est toutes d’accord pour dire que ce weekend était super, c’est une belle expérience de grimper à l’Hortus!
C’est sûr le mental a travaillé, on a testés nos coinceurs! On se quitte sur le tapis marocain de Nadia avec le topo du Verdon dans les mains, merci à toutes et à toi Julien !
















jeudi 16 mai 2019

Patron ! Une caroux, s'il-vous-plait !

Quand il y a encore trop de neige pour l'alpi estival dans les Pyrénées, mais plus assez pour aller skier, le Caroux accueille les alpinistes égarés au plus fort du printemps. Il y fait déjà beau, mais pas encore trop chaud, et le caillou là-bas... de toute beauté !

Après un we Ariégeois où Manu, Charlotte, et Audrey ont pitonné, manipé, coincé, et même (un peu) grimpé durant la formation terrain d'aventure proposée par le CAF, les presque même Manu, Audrey, agrémentées de Maëlle et Coralie se sont élancées à l'assaut de la Montagne Noire.


Patron, une Caroux s'il-vous-plait ! 


Après des retrouvailles venteuses sur le plateau, direction sans plus tarder vers les gorges de la Colombieres, à l'est des Gorges d'Eric. On traverse le très mignon hameau de Fourcade et on déambule en se perdant presque peu jusqu'au "Bastion" où la "parallèle" nous attendait. Un beau dièdre sur une demi-voie, un petit pas coquin, et une sortie "piscine" où nous avons pu exprimer notre côté sirène... heu, cachalot plutôt. Au loin, le Canigou et le Ventoux, tour à tour veillaient sur nous. 



Et comme on ne se refuse rien, le soir c'est pizza maison, cuisinées sur une incroyable dalle de gneiss de plusieurs mètres de long, et cuites dans le four à bois du hameau de Douch. De quoi rassasier les plus affamées ! La prochaine fois, on se fera une brioche au chocolat... 



Le lendemain, on reste dans les Gorges de la Colombières mais cette fois ce sera la Grande Paroi d'Arles, et son pilier ! On cherche son itinéraire, on coince, on se régale, le temps est magnifique et les voies franchement jolies ! Cela mérite bien une petite bière fraiche au bar du village après tous ces efforts, avec son lot de rencontres fortuites...


Pour le 3em jour, Audrey part de son côté dans l'arête Fourcat.

Pour les 3 autres pouliches ce sera le Minaret et son sabot Desmaison où ça randonne comme à la maison ! Encore une belle journée ensoleillée, un beau rocher, une baignade éclair dans l'eau glacée pour terminer cet interlude Languedocien ! 



Le Caroux, c'est toujours des espoirs jamais déçus, et on est sûres de revenir ! 

mercredi 6 mars 2019

L'EPAF a frappé…la glace !!!


Stage de cascade de glace du 24 février au 02 mars 2019, Guillestre, Hautes-Alpes


Dimanche 24 février : après moultes tergiversations autour de l'organisation des covoiturages, l'EPAF décolle du Sud-Ouest : direction Guillestre, aux portes du Queyras (rapidement notre accent du sud-ouest dénote…Charlotte nous met vite au fait : prononcer "kéra" SVP pour faire couleur locale).
A 18h30, ouf, tout le monde est arrivé. C'est parti pour une " shooting séance" : on se fait prendre en photo avec l'attirail prêté : broches, piolets, crochet à Abalakov, etc. On se compare le matériel, on parle du programme de la semaine en anglais, français, espagnol…pas moins de 70 personnes dont 4 nationalités au moins (oui oui), à répartir sur une petite dizaine de sites.  
Pour cette semaine d'initiation à la cascade de glace les EPAFIENNES adoptent Pauline et Capucine qui se sont inscrites à la formation en "candidat libre".  Plus on est de folles…
Tous les jours, l'organisation est la même : petit dej à 07h00 pour un départ entre 07h30 et 08h00. L'ambiance est bonne dans les voitures qui nous mènent sur les sites de grimpe et en guise d'amuse gueule on profite d'une vue splendide sur le Pelvoux et le Pic Sans Nom. Le soir, tour de roulette après le repas pour savoir "où on va demain".
Lundi 25 février : jour 1, Aiguilles
Le site artificiel d'Aiguilles nous accueille dans une ambiance bien printanière. On nous avait dit que c'était froid la glace…
Lara installe des moulinettes et après quelques conseils avisés de Bibi concernant la frappe du piolet (dans l'axe des épaules) et la position des talons (bien descendus), l'EPAF se met au travail. On frappe avec les bras, on tape avec les pieds, on prend peu à peu confiance. On grimpe d'abord en moulinette en se concentrant sur nos gestes, ensuite toujours en moulinette, on s'essaie au brochage, puis Lara et Bibi nous expliquent les relais sur broches et les abalakov. En fin de journée, on commence doucement à grimper en tête avec les broches en place et Maëlle s'essaie même au dry tooling !
Mardi 26 février : jour 2, Ceillac
Maëlle, Aurélie, Anaïs et Capucine, encadrées par Bibi partent dans le Y de gauche. Une sympathique succession de 8 ressauts dans un cadre bucolique.

Audrey, Charlotte, Pauline et Emmanuelle, encadrées par Lara partent dans Sombres héros : 3 longueurs dont une anthologique consistant à se hisser tout en haut d'un beau "cigare" aux volutes et formes inoubliables!






Mercredi 27 février : jour 3, Les filles de la Monta ou Virus gastrique
Extrait du topo C2C : Belle cascade assez longue, entrecoupée de pentes de neige, dans un vallon bien tranquille.

Nous ne sommes pas moins de 3 cordées à mettre en application toutes les techniques vues les jours précédents : l'activité devient acrobatique par endroit car il faut passer sous les cordes des uns et sur les cordes des autres ! Last but not least, après les 7 ressauts que compte cet itinéraire, une petite descente scabreuse dans la forêt clôture la journée… Bibi est comblé !

Pour Audrey, le thème de la journée c'est "virus gastrique". Elle est restée clouée au lit, on croise les doigts pour que la forme soit revenue demain !





Jeudi 28 février : jour 4, Aiguilles "le retour"
Journée de transition à Aiguilles. Au programme du jour, ateliers encadrés par le groupe espoir mixte. Sur deux micros-longueurs, simulation de grimpe en réversible avec des relais sur broches puis redescente sur lunule. Après avoir perforé 3 m2 de glace, Charlotte et Manue réussiront enfin à faire leur lunule…ceci dit les efforts ont porté leurs fruits : une petite chanson est née…"J'aime la lunule savez vous comment ? Quand elle est bien faite avec le fistelou dedans"… merci Charlotte d'avoir inventé cet air inoubliable !

D'autres ateliers : moulinettes dans du mixte et même un peu de dry tooling pour certaines !
Vendredi 01 mars : jour 5, Ceillac "le retour"


Maëlle, Aurélie, Anaïs, Capucine, Bibi et Simon, partent dans les formes du chaos. Les filles, au début dubitatives, sont vite ravies de la beauté de l'itinéraire ! N'en ayant pas eu assez, elles iront même se finir les bras dans Easy Rider !













Lara, Audrey, Charlotte, Pauline et Emmanuelle partent dans le Y de droite. Elles découvrent un cadre bien bucolique sur 8 longueurs dans la forêt suivi d'un pique nique en plein soleil.

Samedi 2 mars : jour 6, Rocher-Baron, Saint Martin de Queyrières
Dur dur de faire les tartines après 5 jours de "casse-glaçon"! Ce matin, dernier jour, on va se finir les biscotos dans des moulinettes de dry tooling sur le site dit du toit des chèvres.



Bref...la semaine en quelques mots : assiette, broche et lunule bien entendu, mais aussi quelques termes plus "exotiques"… blaireaux, péni, matrice, fœtu…à vous de tenter une reconstitution de l'histoire si vous vous en sentez l'envie.
Avec Lara, Anaïs, Maëlle, Aurélie, Charlotte, Audrey et Emmanuelle… et la participation exclusive de Pauline, Capucine, Bibi et Simon !


mardi 12 février 2019

EPAF 2019-2020 passe à table !

1er février, Les Cabannes, Ariège. Une chic équipe de choc se retrouve sous le soleil et le regard humide d’émotion des falaises de Sinsat. C’est le 1er We où l’EPAF au (presque) complet se retrouve ! Et  le début de deux ans  de papotages animés autours d’une tasse de thé.



Avec ce risque 4 un peu partout, nul besoin de s’exciter, mais bien de débriefer sur la conduite à tenir en cas d’avalanche. On s’échauffe avec un concours de jeter de sonde, puis on file au plateau de Beille pour un exercice de recherche de victimes (et puis pour profiter du paysage incroyable sous les derniers rayons du soleil). On en profite pour réviser « les manips de chaines » sur les voitures, qui nous serviront tout le we !   la cohésion culinaire, c’est important.


Les gros tas de neige sur le bord de la route ne découragent pas Virginie et sa pate plâtrée, un portage sur la neige et hop ! elle active le chrono. Pour se remettre de cet exercice épuisant, on passe au gouter-apéro, puis sans transition avec le repas …





Une voiture dans la nuit… Nadia arrive ! On découvre notre cheftaine escalade autours d’un petit déjeuner peu frugal (toute façon, il fait moche dehors), on parle de nous, nos motivations, nos parcours, on découvre une passion partagée pour les poneys (oui, c’est cliché !) et enfin on se motive à braver la tempête de neige, direction la station d’Ascou pour une remise en ski ! Les flocons filent à l’horizontale, et nous on a bien du mal à rester à la verticale. « On prend l’air » résume Lara à un pisteur. Le paysage est néanmoins féérique, entre les sapins chargés, la poudreuse sifflante et les congères, on se croirait en Norvège ! Le manque de visibilité réduira tout de même la sortie à une correcte ballade, la descente en voiture était en soi une aventure. De retour au gîte Virginie, Anaïs et Jean nous attendaient pour le gouter avec un bon chocolat chaud ! Décidément…

Mais la journée était loin d’être terminée ! Après des tours et détours au milieu d’Auzat, entre les stades de tennis et les sushis (mais oui !), nous trouvons enfin la salle d’escalade et nous ne nous y réfugions pas vraiment au chaud ! Ca se réchauffe néanmoins sur la résine, jusqu’à rejoindre les tapis de bloc pour une petite révision théorique des chutes en tête, assurage dynamique, et autre manips au relai, on passe à la pratique ! Au début on y va en trainant les chaussons, mais bientôt ça vole dans tous les sens grâce aux conseils de Lara, Nadia et Maëlle ! Très enthousiastes, on s’attable autours d’un nouveau festin et on papote jusqu’à tard dans la nuit (oui, demain aussi, il fait moche). 



Ca justifiera une petite grasse matinée, suivie d’un point « neige » et carto pour ensuite s’élancer dans une randonnée à ski dominicale dans les forêts ariégeoises, en groupe malheureusement réduit à cause de quelques impératifs horaires.

EPAF se quitte pour mieux se retrouver, en glace la prochaine fois !

Avec Lara, Nadia, Virginie, Jean, Anaïs, Maëlle, Aurélie, Charlotte, Emmanuelle, et Audrey

samedi 1 décembre 2018

EPAF 2019-2020

La nouvelle EPAF est en route !
Il ne vous reste plus que quelques heures pour demander et renvoyer vos dossiers à : christian.biard@orange.fr
 
Sélections prévues le 8 et 9 décembre 2018.
 

lundi 10 septembre 2018

Arête Nord Occidentale du Balaïtous avec Jéromine

(31 aout, 1 et 2 septembre 2018)



Après s’être retrouvées à Noé, avoir tchéqué pendant le trajet le matos, la bouffe, l’enneigement, la glace, la météo… On décolle du parking du plan d’Aste à 20h30 vendredi soir sous une petite pluie fine (si si, on a tchéqué la météo, et à partir de demain il doit faire grand beau tout le week end, normalement !!)
2h30 de marche à la frontale nous séparent du refuge de Larribet. On a vite fait bien fait d’installer notre campement de fortune et de nous glisser au chaud dans nos duvets. On ne peut que s’imaginer le décor qui nous entoure, la grande surprise est pour demain. En attendant, on s’endort paisiblement dans les bras de la montagne ;-)
Un micro réveil dans la nuit me rassure, la voie lactée nous offre ses trésors. Le ciel s’est dégagé et j’aperçois devant moi la silhouette des montagnes qui se dessine. Nous sommes dans un petit cirque. L’effet cocon est à son comble !


Réveil à 7h, préparation du sac et de l’eau pour deux jours car ce soir, nous avons prévu de dormir au sommet du Balaïtous ! C’est donc les sacs bien lourds (entre 13 et 15kg je pense), que nous entamons la marche d’approche en passant par les lacs de Batcrabère. Marche un peu fatiguante car elle emprunte de multiples éboulis et on ne peut pas se permettre de trainer. Les cuisses chauffent déjà !

Petite pause repas en arrivant au pied de l’arête avant de commencer notre ascension à 12h pétante !
Nous réalisons une centaine de mètres en corde tendue. Premier relais sur une petite vire en face Ouest. Jéromine prend la tête de cordée mais aujourd’hui le mental n’est pas au rdv. Ce n’est pas grave, je m’y colle avec plaisir ☺. Pour moi c’est la reprise de la grimpe et de l’alpi après 3 longs mois de convalescence dus à une rupture de poulie en mai… C’est le bonheur de retrouver la montagne ainsi, de lire l’itinéraire, placer les coinceurs dans du bon granit, et mener la danse de cette valse lente avec mon « bébé alpi ». Tout se passe bien mais nous progressons lentement. Nous préférons jouer la sécurité et au lieu de faire de la corde tendue, nous tirons des longueurs.
A 16h, nous sommes au pied de l’Aiguille Lamathe. On se fait peu d’illusion sur le fait de bivouaquer au sommet… Mais que faire ? Il y a un super spot bivouac ici. Mais qu’allons nous trouver plus loin ? Et surtout si l’on s’arrête maintenant, nous aurons encore beaucoup à parcourir demain. Nous avons donné à Vincent (notre ange gardien du week end), une heure limite de 19h de retour dans la vallée le dimanche…

Nous décidons ensemble de continuer notre avancée et de voir où elle nous mènera. On accélère la cadence et en descendant de l’Aiguille, nous avons un mince espoir de finir avant la nuit car le plus gros des difficultés est derrière nous. On aperçoit le bastion final mais avant ça, il faut gravir et descendre en rappel un petit éperon. Au bas de celui-ci, le caillou est péteux et le bivouac y est impossible… On tchèque de nouveau le topo et un espoir apparaît, une vire traversante se nicherait à une centaine de mètres au dessus de nous.  Il est 19h45, on décide de filer à toute allure vers cette vire ! Je grimpe le plus vite possible mais le poids du sac, la fatigue de la journée et la concentration qui baisse me ralentissent. Je ne dois pas prendre de risque inutile. On se fait finalement rattraper par la nuit avant d’atteindre la fameuse vire… Heureusement Jéromine me rejoint à temps sur une toute petite vire où nous décidons de passer la nuit.

Une fois cette décision prise, nous prenons le temps de regarder les dernières minutes d’un coucher de soleil incroyable. Nous avons devant nous le majestueux Palas, avec  à sa gauche et en 2eme plan le pic d’Ariel et enfin en fond, l’imposant pic du midi d’Ossau. Ces sommets mythiques de nos Pyrénées gouvernent la mer de nuage. Une palette de couleurs infinie donne de la vie à ce tableau à couper le souffle. Les tons changent d’une seconde à l’autre. Nous vivons là un moment unique. Qu’est ce que j’aime la montagne et ce retour dans son atmosphère magique !



Avant que la nuit nous enveloppe, nous prenons le temps de manger quelque chose de chaud ! Et il nous faut de l’énergie pour demain ! On fait fissa pour se glisser rapidement dans nos duvets, car on se caille un peu les fesses sur notre bout de caillou à quasiment 3000m d’altitude !
On revisite une nouvelle version du tétris au moment de se coucher ! Notre petit nid est vraiment… petit ! On se place donc à la queue leu leu avec les jambes en quinconce. Mais ces dernières sont quelque peu attirées par le vide… Qu’à cela ne tienne, on saucissonne tout ça et on l’arroche au relais ! Voilà, là on va pouvoir dormir un peu !

Dans la nuit un vent assez important se lève et ne va pas se calmer de la journée. Réveil à 6h30, nous prenons le petit dej’ dans les duvets, ça caille ! Les couleurs du jour teintent progressivement le ciel à mesure que nous rangeons notre matos. Le premier défi est de sortir du duvet. Le 2eme, tout ranger sans rien faire tomber de la falaise ou envoler par le vent ! Une fois les sacs fait, il faut attaquer la grimpe ! Nous sommes gelées. Face Ouest, vent glacial, caillou gelé… et onglet assuré ! C’est donc avec difficulté que je me lance dans la première longueur de la journée. Le mental n’est pas au rdv. Je progresse lentement et protège très souvent, mais j’avance. Lorsque Jéromine me rejoint au 1er relais, je lui demande, comment elle va « ça ne va pas », me répond -elle ! « J’ai trop froid ! ». Je suis étonnée ! Je crois que c’est la 1ere fois de ma vie que je l’entends se plaindre ! Allez il ne faut pas trainer, au sommet nous allons retrouver le soleil !
Après 3 longueurs difficiles dans le froid, nous arrivons à la brèche des Isards. On prend le temps de se ressourcer un peu à la chaleur timide des premiers rayons de soleil et d’enfiler les grosses. La fin de la voie n’a pas l’air compliquée et il faut mettre les pieds au chaud !!

Et là, j’avais rarement été aussi contente de voir du monde en montagne, on aperçoit à une vingtaine de mètres un petit groupe de randonneurs qui cheminent dans « la grande diagonale » pour atteindre le sommet. Et encore mieux, il est possible de les rejoindre ! Quel soulagement de pouvoir marcher et se sentir en sécurité, se réchauffer grâce à l’effort ! Nous déposons les sacs dans un coin du chemin pour finir la course en mode light (mais pas sans le pic nique !)
C’est vers 11h que nous foulons le sommet du Balaïtous ! Quel bonheur. D’être là, de l’avoir fait, d’être au soleil, d’être ensemble et tout sourire ! Merci Jéromine pour ce moment si fort !
On s’octroie une bonne pause pour manger et surtout s’imprègner de ce paysage et cette ambiance majestueuse.


 Nous repartons pour une longue descente dans « La grande diagonale ». Le chemin n’est pas roulant. Une première grosse partie dans les éboulis, une traversée dans la vallée, une remontée au col du ciseau pour redescendre vers les lacs de Balcrabère de nouveau dans des éboulis… Cette descente n’en finit pas ! La fatigue, le poids des sacs nous rend moins vigilantes. Les cuisses sont molles… Mais il y a du monde autour de nous et nous gardons un bon rythme. Il faut être en bas avant 19h pour ne pas inquiéter Vincent !
On s’autorise une petite pause au refuge pour refaire correctement nos sacs, manger, BOIRE et repartir pour les 2h de marche qui nous ramènent à la voiture. En chemin nous croisons de belles demoiselles qui nous susurent doucement « mangez moi mangez moi mangez moi… ». Devant leur galbe parfait et leur belle couleur violine, nous ne pouvons refuser la proposition des myrtilles ! Merci mère nature de les avoir mises sur notre chemin, elles sont délicieuses !

Il y est 18h30 lorsque nous arrivons au parking. Vincent est rassuré, on peut enfin prendre le temps de boire un verre et manger une glace tranquille en terrasse !

Merci Jéromine, merci la montagne pour ces moments forts où l’on se sent vivre. Où l’on est coupé du monde, en symbiose avec la nature tout en n’oubliant pas qu’ici, c’est elle qui reigne.